Le potager · Fertilité

Compost : réussir son compost sans se compliquer la vie

Un tas de matière organique finit toujours par se décomposer. Toute la question est de savoir en combien de temps et avec quelle odeur.

Par Geoffrey · Mis à jour le 21 août 2026 · Lecture 7 min

Durée6 à 12 mois

Équilibre1 vert / 2 bruns

HumiditéÉponge essorée

AérationRetourner 2 à 3 fois

Rendement30 % du volume initial

AccueilLe potagerLe compost

Le principe

L’essentiel

Un compost réussi tient à un seul équilibre : environ deux volumes de matières brunes et sèches pour un volume de matières vertes et humides. Trop de vert, ça pue ; trop de brun, ça ne se décompose pas. Tout le reste — aération, humidité, patience — n’est qu’ajustement.

Verts et bruns : le seul équilibre à retenir

Matières vertes (azote)Matières brunes (carbone)
Épluchures de fruits et légumesFeuilles mortes
Tonte de gazon fraîcheCarton brun, papier non glacé
Marc de café, sachets de théPaille, foin
Déchets de récolteBroyat de branches, BRF
Fumier fraisSciure non traitée
Mauvaises herbes non montées en graineCoquilles d’œufs broyées

Comptez deux volumes de bruns pour un volume de verts. En pratique, c’est le brun qui manque toujours : mettez de côté vos feuilles mortes d’automne dans un sac, elles vous serviront toute l’année.

Le diagnostic à l’odeur

Un compost qui sent l’ammoniaque ou le pourri manque de brun et d’air. Un compost qui ne se passe rien manque de vert ou d’eau. Un bon compost sent le sous-bois, et rien d’autre.

En pratique

Ce qu’on peut composter, et ce qu’il vaut mieux éviter

Sans hésiter

  • Épluchures, restes de légumes et de fruits crus
  • Marc de café avec le filtre, sachets de thé sans agrafe
  • Coquilles d’œufs broyées
  • Tontes, feuilles, fleurs fanées, résidus de récolte sains
  • Carton brun déchiré, essuie-tout non imprimé

Avec précaution

  • Agrumes : en petite quantité, ils acidifient et se décomposent lentement.
  • Adventices montées en graine : seulement si votre tas monte réellement en température.
  • Feuilles coriaces (noyer, chêne, châtaignier) : broyez-les d’abord.
  • Restes de repas cuits : ils attirent les rongeurs, à enfouir au centre du tas.

Jamais

  • Plants malades — mildiou, oïdium, hernie du chou : un compost domestique ne monte pas assez en température pour détruire les spores.
  • Viande, poisson, produits laitiers — rongeurs et odeurs.
  • Litières d’animaux carnivores.
  • Bois traité, papier glacé, plastiques dits biodégradables.

Entretenir

Les trois réglages

L’humidité

Le tas doit être humide comme une éponge essorée. Trop sec, la décomposition s’arrête ; trop humide, il fermente et devient anaérobie. Couvrez en cas de pluies prolongées, arrosez en cas de sécheresse.

L’aération

Les micro-organismes qui décomposent ont besoin d’oxygène. Retournez le tas deux à trois fois pendant sa maturation, ou alternez systématiquement les couches pour ménager des poches d’air. Un tas jamais retourné met deux fois plus de temps.

La taille

Un tas trop petit ne monte pas en température et se décompose lentement. Comptez un mètre cube minimum pour un compost efficace. En dessous, cela fonctionne quand même, mais plus lentement.

Combien de temps ?

  • Compost jeune (3 à 6 mois) : encore grossier, parfait en paillage de surface.
  • Compost mûr (6 à 12 mois) : brun foncé, friable, odeur de sous-bois. On ne reconnaît plus les matières d’origine.
  • Le test : semez du cresson dessus. S’il lève normalement, le compost est mûr.

Utiliser

Comment l’utiliser

  • En surface, jamais enfoui. Deux à trois centimètres étalés au pied des cultures, que les vers incorporeront.
  • À l’automne sur les planches libérées, sous le paillage.
  • Au fond du trou de plantation pour les gourmands : courgette, courge, tomate, chou.
  • Jamais pour les carottes, panais et navets l’année du semis : il fait fourcher les racines.
  • Jamais pour l’ail, l’oignon et les aromatiques méditerranéennes : il dilue leur parfum et favorise la pourriture.

Le compostage de surface

La méthode la plus simple, et celle que je pratique de plus en plus : déposer directement la matière organique sur le sol du potager, entre les rangs, plutôt que de la transporter dans un tas. Les vers et la microfaune font le travail sur place.

C’est moins spectaculaire qu’un beau composteur, ça demande moins de manutention, et le résultat sur la structure du sol est excellent. À réserver aux matières fines : tontes, épluchures broyées, feuilles.

Testé au potager

Mon expérience

J’ai compliqué le compost pendant des années avant de comprendre que c’est un processus qui se produit tout seul. Ma seule vraie erreur au début, c’était de mettre trop de vert : que des épluchures et de la tonte, jamais de brun. Résultat, un tas qui coulait et qui sentait mauvais.

Depuis que je garde un sac de feuilles mortes à côté du composteur et que j’en ajoute une poignée à chaque apport, le problème a disparu. C’est tout ce que j’ai changé.

Je pratique aussi de plus en plus le compostage de surface : déposer la matière directement sur les planches plutôt que de la transporter. Moins de manutention, et le sol s’en trouve visiblement mieux.

Vos questions

Questions fréquentes

Mon compost sent mauvais, que faire ?

Il manque de matières brunes et d’air. Ajoutez feuilles mortes ou carton, et retournez le tas.

Peut-on composter les mauvaises herbes ?

Oui, tant qu’elles ne sont pas montées en graine. Sinon, un compost domestique ne les détruira pas.

Combien de temps avant utilisation ?

Six à douze mois. Le compost est mûr quand il est brun foncé, friable, et sent le sous-bois.

Faut-il un composteur fermé ?

Non, un simple tas fonctionne très bien et s’aère mieux. Le composteur fermé est surtout plus discret et plus propre visuellement.

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