Problème · Ravageur
Doryphore : reconnaître et arrêter l’invasion sans insecticide
Un pied de pommes de terre peut être défeuillé en trois jours. La bonne nouvelle : le ramassage manuel est réellement efficace, à condition de commencer tôt.
TypeColéoptère
SaisonMai → août
DéclencheurCulture répétée
GravitéÉlevée
CulturesPomme de terre, aubergine
Générations2 à 3 par an
Accueil › Problèmes › Doryphore
À faire tout de suite
Ce matin, avant tout
Inspectez le revers des feuilles et écrasez tous les amas d’œufs orange vif que vous trouvez. C’est l’action la plus rentable : un amas détruit, c’est trente larves en moins. Ramassez ensuite adultes et larves à la main dans un seau d’eau savonneuse. Repassez matin et soir pendant une semaine.
Comment le reconnaître
Le doryphore est impossible à confondre une fois qu’on l’a vu. Ses trois stades se rencontrent souvent en même temps sur un même pied.
- L’adulte : 1 cm, bombé, jaune à dix bandes noires longitudinales sur les élytres.
- Les œufs : amas serrés de 20 à 40 œufs orange vif, collés au revers des feuilles.
- Les larves : molles, bombées, rouge orangé avec des points noirs sur les flancs. Ce sont elles qui font les dégâts.
- Des feuilles dévorées jusqu’aux nervures, en commençant par le haut du pied.
- Des déjections noires et humides sur le feuillage.
- Une progression très rapide : quelques jours suffisent à défeuiller un pied.
Ne pas confondre
| Ce que vous voyez | C’est peut-être plutôt | Comment trancher |
|---|---|---|
| Petit coléoptère rouge sans bandes | Criocère du lys ou coccinelle | La coccinelle est ronde et à points, le doryphore ovale et à bandes |
| Larves grises ou vertes | Chenilles de noctuelle | Les larves de doryphore sont rouge orangé et brillantes |
| Feuilles trouées sans larve visible | Limaces ou altises | Le doryphore dévore la feuille entière, il ne la troue pas |
Comprendre
Pourquoi il revient chaque année
Le doryphore hiverne dans le sol, au stade adulte, à 20 à 40 cm de profondeur. Il remonte au printemps exactement là où il s’est enterré — c’est-à-dire dans votre parcelle de l’an dernier.
- L’absence de rotation. Replanter des pommes de terre au même endroit revient à servir le repas sur place.
- Un sol nu et meuble, facile à traverser pour les adultes qui émergent.
- Des repousses de pommes de terre oubliées de l’année précédente, qui les nourrissent avant même la nouvelle plantation.
- Un printemps chaud, qui permet deux à trois générations dans la saison.
- L’absence de prédateurs : punaises prédatrices, carabes, oiseaux.
Agir
Que faire maintenant
Le ramassage manuel a mauvaise réputation parce qu’il paraît fastidieux. Sur un potager familial, c’est pourtant la méthode la plus efficace et la plus rapide à mettre en œuvre.
- Cherchez les œufs d’abord. Retournez les feuilles et écrasez tous les amas orange. C’est là que le rendement est maximal.
- Ramassez adultes et larves dans un seau d’eau savonneuse, matin et soir.
- Secouez les pieds au-dessus d’un seau : les adultes se laissent tomber quand on les dérange.
- Repassez tous les jours pendant une semaine, puis deux fois par semaine.
- En cas d’invasion massive, le Bacillus thuringiensis souche tenebrionis agit spécifiquement sur les jeunes larves, sans toucher les autres insectes.
- N’utilisez pas d’insecticide à large spectre : le doryphore développe rapidement des résistances, et vous détruiriez ses prédateurs.
Visez les œufs, pas les adultes
Un adulte écrasé, c’est un adulte en moins. Un amas d’œufs écrasé, c’est trente larves en moins — et ce sont les larves qui dévorent le feuillage. Cinq minutes passées à retourner les feuilles valent une heure de chasse aux adultes.
La saison prochaine
Comment l’éviter
Respecter une rotation stricte
Quatre ans minimum avant de replanter des solanacées au même endroit. Et éloignez la parcelle de celle de l’an dernier : le doryphore se déplace surtout à pied au printemps.
Pailler épais
Un paillage de 10 cm gêne considérablement l’émergence des adultes au printemps et abrite leurs prédateurs.
Éliminer les repousses
Arrachez toutes les pommes de terre oubliées qui repartent : elles nourrissent la première génération.
Associer l’œillet d’Inde et le lin
Leur effet répulsif est partiel mais documenté. Le lin semé entre les rangs gêne l’orientation des adultes.
Planter tôt ou tardif
Décaler la culture pour que le pic de développement du doryphore ne coïncide pas avec le stade sensible de la plante.
Observer dès la levée
La première génération est la plus facile à contenir. Passé le mois de juin, la population devient difficile à rattraper.
Cultures concernées
Où le rencontre-t-on ?
Les cultures les plus exposées, avec ce qu’il faut surveiller sur chacune.
Testé au potager
Mon expérience
Le doryphore est un des rares ravageurs où le ramassage manuel fonctionne réellement, et je peux le confirmer. C’est fastidieux les premiers jours, puis la population s’effondre.
Ce que j’ai mis du temps à comprendre, c’est qu’il faut viser les œufs, pas les adultes. Cinq minutes passées à retourner les feuilles pour écraser les amas orange valent une heure de chasse aux adultes : chaque amas détruit, c’est une trentaine de larves en moins, et ce sont elles qui dévorent le feuillage.
L’autre chose qui compte, c’est d’intervenir sur la première génération. Passé la mi-juin, la population devient difficile à rattraper.
Le paillage épais m’a aussi visiblement aidé : les adultes qui hivernent dans le sol ont plus de mal à émerger au printemps.
Vos questions
Questions fréquentes
Le doryphore est-il dangereux pour l’homme ?
Absolument pas. Il ne pique pas et n’est pas toxique. Le seul risque concerne la récolte.
Une pomme de terre défeuillée donne-t-elle quand même ?
Oui, mais le rendement chute fortement. Si la défoliation survient avant la floraison, la perte peut atteindre la moitié de la récolte.
Faut-il traiter préventivement ?
Non. Surveillez et ramassez. Les traitements préventifs sélectionnent des populations résistantes, ce qui est déjà largement le cas en France.
Les poules mangent-elles les doryphores ?
Elles en consomment, mais rarement de façon suffisante pour régler le problème. Elles sont utiles en complément, après récolte.
D’où viennent-ils si je n’en avais pas ?
Ils volent sur plusieurs kilomètres par temps chaud. Un jardin voisin ou une parcelle agricole suffit.
Combien de générations dans une saison ?
Deux en général, jusqu’à trois dans le sud lors des étés chauds. D’où l’importance de casser la première.
Pour aller plus loin
À lire ensuite
Gratuit, une fois par mois
Ne ratez plus une période de semis
Chaque début de mois : ce qu’il faut semer, planter et récolter, les travaux du moment et la vidéo Potageo.